Roundup

alerte sur un produit de jardinage dangereux pour l'organisme

Ce produit utilisé comme désherbant aurait des conséquences néfastes sur le fonctionnement des cellules. Décryptage.

Même à faible dose, il aurait des effets sur la santé des cellules. Le Roundup®, célèbre désherbant de l’entreprise Monsanto, fait l’objet d’une alerte lancée par Générations futures. Ce mouvement relaye en effet dans un communiqué les résultats d’une étude scientifique qui montre que "les perturbations provoquées par le Roundup® au niveau cellulaire se manifestent à des doses pour lesquelles il n’y a pas encore d’effet visible à l’échelle de l’organisme entier".

Pourquoi l’agence sanitaire française (Anses) se dit-elle préoccupée ?

Dans ce même avis, l’Anses juge « préoccupant » l’effet cocktail entre la matière active glyphosate et un de ses adjuvants (la tallowamine) dans les préparations phytopharmaceutiques commerciales. Les adjuvants permettent au glyphosate de mieux pénétrer les tissus végétaux.

Dans la foulée, le 20 juin 2016, l’Anses retire les autorisations de mise en marché de 126 produits associant glyphosate et tallowamine. Son argument : " des risques inacceptables, notamment pour la santé humaine, ne peuvent être exclus pour ces produits ".

« Le danger vient des produits associés au glyphosate », appuie Gilles-Eric Séralini, chercheur en biologie moléculaire à l’Université de Caen et auteur, en 2012, d’une étude sur les effets cancérogènes du glyphosate.

« En 2013, nous avons testé 9 différents Roundup et montré que les adjuvants sont plus toxiques que le glyphosate », assène Joël Spiroux. Dans la lettre d’information Alerte santé, le président du Criigen (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique) remet en cause les protocoles d’homologation des pesticides : " les formulations totales vendues aux agriculteurs ou aux particuliers sont de 2 000 à 10 000 fois plus toxiques sur des cellules humaines que les molécules dites actives, seules testées avant la mise sur le marché. "

Quels sont les indices qui accablent le glyphosate ?

De nombreuses études ont démontré l’effet néfaste des herbicides à base de glyphosate sur la division cellulaire. En 2002, le professeur Robert Bellé, au sein de la station biologique de Roscoff, a mis en évidence "l'effet génotoxique et donc cancérigène probable" du glyphosate sur l’embryon de l’oursin.

En 2017, l’équipe de recherche de Christian Vélot, généticien moléculaire à l’Université Paris sud, l’a constaté, avec de très faibles doses de Roundup, sur le métabolisme des cellules de champignons du sol.

En 2012, Gilles-Eric Séralini a observé, chez des rats exposés à l’herbicide de Monsanto, une augmentation significative de la fréquence des tumeurs.

D’autant plus inquiétant qu’une enquête de Générations futures a mis en évidence des traces de glyphosate dans des aliments (légumes secs, pâtes, céréales du petit-déjeuner) produits en France ou importés. " Nous sommes tous contaminés ! ", s’est alarmé l’ONG, après avoir détecté du glyphosate dans 100 % des urines analysées au sein d’un échantillon de 30 personnes.

L’enquête de Marie-Monique Robin révèle une suspicion supplémentaire : breveté pour ses propriétés antibiotiques et pour sa capacité à fixer les métaux, le glyphosate serait à l’origine de pathologies sévères chez les végétaux, les animaux et les humains.