C'est bientôt, le 27 mai la Fête des Mères !

Onguent du Connétable

« Onguent du Connétable pour croître la corne, la rendre douce et liante »

« Prenez cire neuve, Suif de chèvre, et au défaut suif de mouton, le plus nouveau est le meilleur, lard gras coupé en petit morceaux et dessalé vingt-quatre heures dans l’eau, la changeant trois ou quatre fois, de chacun une livre, faites fondre le lard avec le suif et la cire, puis vous jetterez parmi de la seconde écorce de sureau une bonne poignée ; et si c’est au printemps plein de deux mains de boutons de sureau quand ils font gros comme le pouce, que vous laisserez bouillir à petits bouillons et à petit feu, avec ce que dessus pendant un demi-quart d’heure, en remuant par fois ; vous passerez le tout au travers d’une grosse toile, jetterez le marc, remettrez dans la bassine ou pot ce qui sera passé, et ajouterez quatre once de térébenthine commune, autant de miel, et deux onces d’huile d’olive ; ôtez du feu, et remuez jusqu’à ce qu’il soit froid ; servez-vous de cet onguent pour graisser la corne un pouce de large tout autour du poil, et continuez tous les jours. »


Un peu d’Histoire…

Au 19ème siècle, les maréchaux ferraient et soignaient un grand nombre de chevaux, ils étaient aidés dans leurs tâches par des apprentis, à qui ils remettaient, une fois par an, un pot d’onguent en guise de gratification. Les apprentis proposaient ainsi aux cochers de graisser les pieds de leurs chevaux contre une pièce. Hélas, le pot d’onguent se révélait souvent trop petit, et les apprentis avaient la tentation d’y adjoindre des graisses de mauvaise qualité, qui se révélaient néfastes et échauffaient la couronne.  Les cochers prirent donc l’habitude de spécifier aux apprentis de ne pas graisser la partie haute du sabot…

C’est ainsi qu’est née la célèbre polémique du « doit-on graisser ou non le sabot jusqu’en haut ? » Question qui ne se pose plus avec l’utilisation de bons produits.